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La théorie du casse-croûte

Il en va de l’Amour comme il en va de la Gastronomie … 

Bébé, nous pensons jouir pleinement des deux, recevant à la fois l’amour inconditionnel d’une mère mais aussi son lait nourrissant et protecteur.

En grandissant un peu, on se rend compte qu’on est loin de la haute gastronomie, même si le terme en lui-même nous est encore inconnu. On nous gave de purées sans goût, de bouillies dites nourrissantes mais si peu ragoûtantes. Tout est mixé, verdâtre ou orange, au choix. Notre doudou est notre unique amour, le perdre des yeux un seul instant nous brise le coeur et nous fait verser des pleurs inconsolables.

A l’école maternelle on nous apprends la notion de goût, on tente d’orienter nos choix vers un certain « équilibre » alimentaire, dans l’intérêt de notre santé. Dans le même temps, on nous raconte des histoires de princesse follement amoureuse d’un prince charmant, seul homme lui étant destiné et ayant volé à son secours contre vents et marées (et souvent contre une vilaine sorcière avec une verrue!) vivant heureux dans une forêt avec des petits animaux. On embrasse Benoît pour la première fois derrière un arbre et on est contente, on a vécu une première grande aventure! 

Arrivé en école primaire, les choses se gâtent un peu. Désormais nous avons le droit de mettre notre goûter préféré dans notre cartable, et si on nous a appris à aimer les barquettes à l’abricot, on aime bien aussi se faire une barre au chocolat, voire deux, quand notre mère à manqué de vigilance. Dans le même temps, on pense être amoureuse de Pierre ou Paul, mais on embrasse volontiers Stéphane dans les toilettes mixtes, on partage notre sucette à la fraise avec Mathieu et on aime se faire envoyer des mots doux par Nicolas. On hésite, on teste, on se goinfre de gâteaux, de chocolat, de bonbecs, on fait des « bises-pop » sans complexe à nos copains.

Au collège, le chocolat nous file des boutons, les garçons aussi. Du coup pas moyen de « ramasser » ce que l’on veut vraiment. Mais on a quand même « la dalle », tout le temps, alors on mange tout et n’importe quoi, on est prêts à tout pour avoir le bidon calé. Souvent, on partage nos biscuits avec nos meilleurs amies, parfois, les garçons y passent aussi. On compare nos avis, on se moque gentillement, on commence à briser des coeurs ou à se le faire briser. Heureusement à cet âge là, bien qu’on nous initie à la bio et la chimie, on ne fait pas encore dans la « cuisine expérimentale », on ne mélange pas les corps … ^^  On nous fait lire des histoires d’amour longues et ennuyeuses avec moult détails sur la façon dont Mr le Baron de Machin à conquit le coeur de Dame Bidule à grand coups de dîners romantiques et de ballades en forêt, mais toujours avec cette idée de rester gentleman, et respectueux des grands-parents! Parfois aussi, loin de nos amis histoire de ne pas choper la honte, on se surprend à vouloir préparer le dîner pour la famille, comme on se surprend à écrire une lettre d’amour terriblement niaise à un amoureux auquel on tient vraiment, mais qui lui ne nous aime pas. Dans les deux cas, ça finit en désastre, sur le coup on a honte, mais quelques années plus tard, on en rit beaucoup. 

Arrive la fin du collège, on sait qu’on va passer une étape, nos corps changent, nos mentalités changent, nos attentes changent. On est secrètement amoureuse de Thomas qui plait aussi à 3 copines, mais on se « rabat » sur Christophe qui est un peu plus à notre portée selon nous. On commence sans s’en rendre compte, à adopter la théorie du goûter, de l’en-cas, du casse-croûte… ^^ On garde toujours quelques bonbecs dans les poches au cas où, mais désormais on fait le tri, on ne  garde que ceux que l’on aime vraiment, on ne veut plus manger n’importe quoi. 

A la maison, nos parents commencent à lâcher du lest et à ne plus nous obliger à manger nos courgettes ou nos brocolis. Peut-être comprennent-ils ce qui se passe? Peut-être sont-ils passés par là eux aussi ? 

La vie suit son court, premier ptit dèj chips/coca après une soirée où t’as enfin eu le droit de découcher, première vraie histoire d’amour, première déception, première vraie rupture, premiers regrets. Désormais, comme tu sais que tu n’aimes pas le foie de veau ou les choux de Bruxelles, tu sais que tu ne veux plus sortir avec de jeunes délinquants pyromanes ou des fumeurs d’herbe. Tu sais que ton sorbet préféré c’est celui à la frambroise et que tu aimes les garçons capables de te faire rire. Tu entretiens une histoire régulière avec ton pot de Nutella, mais tu te permets de petits écarts avec le Tobleron, parce que ces petits écarts sont si délicieux! ^^

Tu avances dans la vie, tu deviens indépendante, tu te prépares toi-même tes repas, d’abord dans la kitchenette d’un petit studio d’étudiant, puis peut-être dans un appartement plus grand aux côtés d’un autre être humain. Tu mets fin à un très long « goûter » avec un copain-câlin et tu te rends compte que tu n’étais qu’un en-cas pour lui. Tu commences à bien prendre conscience que le phénomène du casse-croûte existe et que sur ce coup là c’est bel et bien toi qui t’es faite croquer! Tu crois encore naïvement en l’Amour.

Tu as supprimé de tes menus les aliments trop riches, comme tu as supprimé les mecs qui avaient une grande gueule et qui te promettaient trop de choses pour que ça soit vrai. Tu as testé plusieurs types de cuisine, tu as foiré quelques recettes et réussis quelques autres. Tu as marqué tes livres de recettes pour retrouver facilement ce qui te plaît, comme tu as habitué ton oeil à repérer les mâles qui pourraient affoler ta culotte, voire même enflammer ton coeur. Tes critères de sélection sont devenus strictes, tu ne veux plus « manger » n’importe quoi, tu en as marre d’avoir des indigestion après coup.

Et puis un jour tu frôles le bras de cet homme si particulier et tu sais que c’est lui que tu veux. Ton corps l’appelle, ton esprit forme son image matin et soir, tes songes lui sont consacrés. Tu ne penses qu’à lui, mais tu ne peux pas te permettre d’y goûter. Il est inaccessible, trop cher. Il est comme un bon repas dans un 3 étoiles.

Mais tu ne te sens pas vaincu pour autant, tu passes et repasses devant la vitrine, tu lorgnes le menu, attendant avec impatience le jour où tu pourras enfin goûter cette cuisine qui te fais tellement envie. 

Et puis le jour tant attendu arrive enfin, tu te demandes encore comment… Tu humes son parfum, tu te délectes de sa chair, désormais le doute n’est plus permis, tu es fin prête pour la cuisine gastronomique! 🙂 

Le problème avec la cuisine gastro, c’est que tu paie très cher ton repas, et qu’au final il ne dure pas si longtemps que ça! Toi tu en redemandes, tu te verrais bien t’installer carrément dans les cuisines, mais « les cuisines », enfin l’objet de ta convoitise, pense que vous n’êtes pas fait pour être ensemble, que certes, vous vous entendez et vous mariez bien, mais que la vie est mal faite et que vous ne vous êtes pas rencontrés comme il fallait. Ou alors il voulait juste voir l’effet que ça faisait de se faire dévorer par une pouilleuse dans ton genre… qu’importe! TOI, TU SAIS que tu es prête pour la cuisine Gastro, encore et encore. Mais tu es réaliste, tu sais que tu vas devoir t’armer de patience.

C’est là qu’intervient la théorie du casse-croûte! (oui je sais, on a mis le temps pour y arriver, mais c’était important que tu comprennes! ^^)

Tu connais ton objectif, tu as conscience des épreuves qui t’attendent et tu sais que pour mener ce combat gastronomique, il va te falloir des forces. Tel un coureur de fond, tu vas devoir ingurgiter des sucres rapides pendant ta course pour être sûre d’en arriver au bout! Moi j’appelle ça prendre un goûter … prendre un casse-croûte. (Et bien entendu on pioche dans les aliments qu’on aime, manger rapide ne veut pas dire mal manger! C’est important de bien l’intégrer!)

Donc conseil foireux du jour, si toi aussi tu attends de pouvoir attaquer ton repas gastronomique, que tu es un adulte raisonnable, que tu es contre le gâchis et la mal-bouffe (un casse-croûte doit toujours être respecté, règle numéro 1!), alors n’ai pas honte de prendre de quoi tenir sur cette longue route. 🙂 

Et sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer! 

Bonne semaine à tous les petits chanceux qui comme moi, travaillent demain. Bonne fin de week-end à ceux qui font le pont (je vous déteste cordialement! ^^)

See You Soon l’Ami, porte-toi bien! 

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6 commentaires sur “La théorie du casse-croûte

  1. Quelle jolie métaphore…c’est de toi, ça ?! Je te croquerais bien pour mon 4 heures, dans ce cas ^^ Je n’ose imaginer à qui tu fais allusion dans ton repas cuisine gastro…

  2. J’ai envie de dire « en vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout » 😉

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