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Un petit pot de crème au chocolat.

 

Un pot en verre. Du chocolat. Un dessert oublié depuis au moins 9ans. Depuis que j’ai quitté la maison de mes parents. Rien qu’un pot. Et Dark Naru qui arrive. 

Toute lumière porte son ombre. La mienne s’appelle Dark Naru. Elle est moi. Mais elle est un moi mélancolique, triste, défaitiste. Heureusement elle ne se manifeste pas souvent. Mieux même, elle disparaît rapidement. Je pense avoir la chance de connaitre ma part d’ombre, de savoir la dompter et l’amadouer pour qu’elle se fasse plus tendre et qu’elle accepte de reculer. 

Ce soir pourtant elle est là. Bien présente. Et pour cela il n’aura suffit que de ce pot. Ce tout petit pot.

Flashback. Retour dans la petite cuisine de notre appartement. Moi devant le réfrigérateur. Moi sortant un petit pot identique pour le donner à mon père. Moi lâchant le pot par inadvertance. Mon père en pétard. Le verre mêlé au chocolat sur carrelage. L’envie irrépressible de rire très fort. La peur de se prendre une baffe. Les souvenirs d’avoir été une enfant, puis une adolescence. Les souvenirs des repas pris ensemble dans cette pièce, tous ensemble autour de cette table.  Mon cousin, que dis-je, mon « frère », cherchant les « crocs » dans la salade d’endive (nous sommes les seuls à comprendre, nous les êtres qui étions alors autour de cette table). Les grimaces faites dans le dos de ma mère. L’eau des tortues puis du poisson rouge à changer dans le grand évier blanc. Puis les heures passées avec mon père à poser le nouveau carrelage mural en écoutant notre station de radio préférée. Et puis à nouveau des repas autour de cette table dont il fallait resserrer les vis des pieds régulièrement. Du Maggi dans un flan à la vanille, une tomate recrachée dans l’assiette du voisin. Des légumes à finir. Des discussions. Des disputes. Des remontrances. Des grands débats. Des éclats de rire. De la vie…

Aujourd’hui dans mon 35m², une cuisine minuscule. Pas de table. Personne pour partager mes repas de toute façon. Envie de bruit. Envie de gaîté. Envie de projets. Envie d’une vie comme je l’ai rêvé plus jeune. Envie de me dire qu’un jour je pourrais être une « super » maman (et raccrocher mon costume de super héroïne?). Envie d’un homme qui saurait se projeter dans l’avenir. Envie de vie. 

Peur de rester toujours une grande rêveuse. Une grande rêveuse seule. Peur de me réveiller dans 20 ans et de constater que rien n’a bougé. Que l’enfant blonde qui me visite en songe n’était qu’un rêve. Que le temps à passé mais que je n’ai pas avancé. Que le temps de rêver est terminé. Peur de devenir cynique, triste. Peur d’oublier l’enfant qui vit en moi et qui me fait m’émerveiller pour un rien. Peur de ne plus chanter « signé cats eyes » ou la « danse des pirates » pour me remonter le moral au boulot. Peur de ne pas avoir évoluer dans ce domaine là non plus. 

Voir mes 3 loulous demain. Leur dire que leur tatie les aime. Les couver du regard. Leur imaginer des petits cousins. Jouer à des jeux de société. Perdre sans mauvaise foi. Prendre un bon goûter d’anniversaire. Les immortaliser en photos. Figer le temps. Leurs grattouiller le dos… ^^

Ma MiniNaru qui me grimpe dessus. Ses petites pattes qui cherchent une prise stable sur mes épaules. Cette manie de vouloir toujours me grimper sur la tête. Un ronronnement timide. Des vibrations de plus en plus fortes. Des léchouilles sur les yeux. Des bisous en retour. Le bonheur de l’avoir tout contre moi. Sentir son coeur battre. Entendre son ronronnement apaisant. L’appeler par son nom complet, celui de cette héroïne de manga. Naru Narusegawa. Ajouter mon nom de famille derrière. Son nom. Comme sur son carnet de vaccination. Me souvenir de la fierté d’être devenue « maman chat ». De la peur de mal faire. De l’envie de bien faire. Du véto qui me dit « on voit qu’elle est en confiance avec vous ». De la première fois où j’ai entendu son miaulement si doux. Se souvenir de sa petite tête et de ses grandes oreilles. De ses cabrioles arrières. De nos parties de cache-cache endiablées. Des toutes les fois où je l’ai disputé. La  regarder dormir en boule à mes pieds. L’oreille dressée. Aux aguets. Me dire que je suis bête. Que ma famille est là. Que je n’ai pas besoin de plus de bonheur que je n’en ai déjà. 

Tempête dans la maison. Envie de chanter et de danser plus que de raison. Envie de boulotter des Haribo et du chocolat. Envie de vous dire que finalement c’est bon, SuperNaru est à nouveau là! 🙂 

 

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Un commentaire sur “Un petit pot de crème au chocolat.

  1. Nostalgie, quand tu nous tiens…

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