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Ma soeur vit sur la cheminée – Annabel PITCHER

Annabel Pitcher, ma soeur vit sur la cheminée

La prof m’a dit de m’asseoir à coté de la seule musulmane de l’école. Elle a dit Je te présente Sunya et ensuite elle m’a dévisagé parce que je ne m’asseyais pas. Les yeux de Mme Farmer n’ont aucune couleur. Ils sont plus pâles que le gris. Ils ressemblent à des télés qui ne captent pas, quand il y a de la neige sur l’écran. Sur le menton, elle a un grain de beauté avec deux poils bouclés au milieu. Ça ne devrait pas être difficile de les arracher. Peut-être qu’elle ne sait pas qu’elle en a. Ou peut-être qu’elle les aime bien. Mme Farmer a demandé Est-ce qu’il y a un problème et tous les enfants de ma classe se sont retournées pour regarder. J’ai eu envie de crier Des musulmans ont tués ma soeur, mais j’ai senti que ce n’était pas le genre de choses qu’on annonçait avant d’avoir dit Bonjour ou Je m’appelle Jamie ou alors J’ai dix ans. Alors je me suis juste assis tout au bout du bureau et j’ai essayé de ne pas regarder dans la direction de Sunya. 

Chapitre 4, page 33 de mon édition Pocket de 2012.

Voilà toute l’histoire de Jamie, 10 ans, fan de Spiderman et du footballeur Wayne Rooney. Il a dû quitter son appartement de Finsbury Park  à Londres pour venir s’installer dans un cottage d’Ambleside. Désormais il doit aller dans une nouvelle école et recommencer une nouvelle vie. Sa soeur vit sur la cheminée depuis qu’elle a été l’une des malheureuses victimes d’un attentat et son papa la voit plus vivante que lui ou Jas, son autre soeur … 

Alors comment surmonter le déséquilibre familial causé par la disparition de sa soeur Rose? Comment grandir sereinement avec un papa alcoolique et une maman absente ? Comment se sentir « normal » et être triste de la mort d’une personne dont on ne garde aucun souvenir ? Comment trouver sa place dans cette fratrie bancale ? Comment trouver un équilibre ? Faut-il faire semblant, faut-il se raccrocher à un monde imaginaire, faut-il tenter de nouvelles expériences au risque de s’attirer les foudres paternelles? 

Une belle réussite que ce premier roman qui traite pourtant de sujets délicats: la perte d’un enfant, le deuil et l’acceptation qui en découlent, le rejet inconscient des vivants, le dur apprentissage de la vie, le dangereux amalgame entre musulmans et terroristes. Grâce au regard de Jamie, à ce récit à la première personne, ces sujets durs se teintent d’espièglerie, de tendresse, d’émotions. Il est si malin notre petit anglais, si attachant. Ses réflexions sur la vie sont drôles, naïves et pourtant si justes pour un enfant de 10ans. 

Oui on pleure un peu quand même à la fin, mais ça fait tellement de bien ! Alors si vous avez un peu de temps devant vous et que vous aimez les personnages attachants, n’hésitez plus à faire connaissance avec Jamie et sa drôle de famille. 

Bonne lecture! 

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